CRÉER ENSEMBLE         dessin - peinture - sculpture - arts visuels


Les Champs de la création : 

Arts plastiques 


Panorama – inventaire des : Sujets Matières Supports Outils Techniques

Réaliser un panorama des champs de la création, c’est essayé de résumer :

plusieurs milliers d’années d’histoire de l’art. Histoire l’art toujours en devenir,

ce nourrissant entre autres des dernières découvertes de la science…




Sujets

c’est l’intention, puis la forme, l’image, le sens qui est offert à voir, à penser. 

Sujet facile, évident ou sujet plus difficile à identifier, à nommer, dissimulé.

Sujet codé, symbolique, ou associé à un autre … 

Le sujet peut être prémédité ou improvisé par le peintre, le sculpteur, le photographe, le dessinateur ... 

La frontière entre improvisation et préméditation du sujet étant toute relative.


Le sujet peut s’inscrire dans la lignée d’un des thèmes clairement définis par l’histoire de l’Art,  (thèmes s’associant entre eux ou pas) :  ABSTRACTION - NATURE MORTE – PAYSAGE – ARCHITECTURE – ANIMAL – NU - PORTRAIT. Chaque thème peut être longuement exploré, par association d’idées, jeux d’esprit ... Par exemple … LE PORTRAIT = expression, masque, déguisement, caste sociale, grimace, jeu d’éclairage, construction-proportion, silhouette, métamorphose, caricature, miroir, figure célèbre, autoportrait etc


La MATIÈRE, l’OUTIL, le SUPPORT, la TECHNIQUE, peuvent influencer si fortement la recherche artistique, qu’ils peuvent prendre toute la place et devenir à leur tour le sujet principal. Ainsi la peinture se substitue doucement au sujet du départ.  Dans la série « des nymphéas de Claude Monet », la PEINTURE, LA COULEUR deviennent progressivement les véritables sujets du tableau.

L’ACCIDENT, La TACHE, Le GRIBOUILLAGE, L’ÉCRITURE AUTOMATIQUE … peuvent également devenir soit le sujet, soit le support visuel où l’imaginaire projette un sujet. C’est la projection mentale. Les châteaux de Victor Hugo dans ses lavis d’encre, la série hourloupe de J.Dubuffet dans des graphismes automatiques.


Par extension L’IMPROVISATION totale – c’est-à-dire, seul devant sa feuille blanche – elle plus ou moins emprunter à cette histoire de projection mentale, mais dans l’instant même du tracé. Elle se nourrira de souvenirs, de pulsion de gestes, de couleurs …  L’IMPROVISATION partielle. Un « document » de toutes sortes (croquis, peinture,  image, objet, fragment de …) sera l’impulsion de départ. Il permet l’amorce du travail plastique, mais très vite mis à l’écart pour laisser place à l’improvisation totale. La VARIATION, La DÉCLINAISON ou SÉRIE, c’est une méthode intéressante pour interroger un thème. Van Gogh et ses auto-portraits, William Turner et ses tempêtes, Claude Monet et ses cathédrales de Rouen, nombreux créateurs ont décliné à foison un ou plusieurs sujets.


CE NOURRIRE D’EXPÉRIENCES un peu, beaucoup passionnément ou pas du tout ! Explorer, lors d’une recherche courte ou assidue, un thème pour en découvrir toute la profondeur.  Le sens du mot (le dictionnaire étymologique, des symboles) fait partie des pistes. L’histoire de l’art …  Non pas pour plagier mais pour prolonger, actualiser une histoire déjà traitée. Pour mieux situer son propos et éviter de redire.   PS : ouvrez un dictionnaire des symboles vous aurez déjà un bel abécédaire de sujets traités tout au long de l’histoire de l’art. CE DOCUMENT = un SUJET ? Une prolongation de L’IMPROVISATION peut être d’utiliser ce document.  En piochant au « hasard» : un(des) sujet(s), une matière, un support, un(des) outil(s), un(des) technique(s), puis de passer à l’acte !




Matières

Les matières, ou matériaux, sont des substances, éléments, objets, qui vont réaliser, exprimer : l’envie, l’acte de création en deux ou trois dimensions ! Les matières sont au sens propre, ce qui est donné à voir au spectateur (dessin, peinture, sculpture …). L’inventaire des matières est étendu. Leur emploi peut  être traditionnel, comme par exemple l’aquarelle, le bois, ou hors normes comme la sève, le plexiglas. Les matières offrent une grande quantité de combinaisons, d’assemblages, de mélanges, de juxtapositions. Ces « mélanges » peuvent être simples ou complexes. 

Par petit ou grand nombre, ces associations en tous genres renvoient à des expérimentations attentives, jouant avec le hasard des combinaisons.


Des incompatibilités chimiques peuvent apparaître, et remettre en cause le bon état de conservation à court ou long terme. Ce vieillissement peut également faire partie du processus de création et être épaulé par la photographie ou la vidéo, qui deviennent des témoins de la dégradation, voir de la disparition de la création ! Une matière comme par exemple le marbre n’est pas forcément associée à une réalisation en trois dimensions (sculpture) elle peut être utilisée : 

- en poudre dans un dessin (poudre collée ou posée au sol = éphémère)

- en poudre pour épaissir à l’extrême la peinture, en fragments dans une mosaïque.

- en plaques dans un bas-relief, une peinture associant des collages épais.

Il en va donc même pour n’importe quelle matière qui peut en théorie s’exprimer sur deux ou trois dimensions, que cela soit hors ou dans les normes ! Pour les travaux en deux dimensions : toute matière peut aussi en théorie devenir un support : une peinture sur marbre bien sûr ; mais imaginons un dessin sur un os, sur une corde ; une peinture sur une plume, sur de la ouate … La préparation du support (ponçage, enduit, colle …) sera d’une grande importance pour l’expérimentation !

Les pluriels de ces quelques exemples de matières ne sont pas à sous-estimer, les variétés d’une matière peuvent être nombreuses et renvoyées à d’autres.


Peintures     jus et substances (fruits, légumes, herbes, sèves, cafés…)   

encres    crayons    fusains    craies    pastels    argiles   cendres    épices    Stylos    feutres     vernis     plâtres     mastiques    colles    paraffines    bande plâtrée   bois   Papiers    plastics    tissus    verres    terres    pierres    œufs    laines    végétaux   savons    métaux    plumes    poils    fibres    épluchures    os    sciures    clous     sparadraps    chiffons    miroirs     assiettes    fleurs    graines    goudrons     graisses     sables    cheveux    brindilles    bonbons    fleurs     images   graines    poudres    mousses    pâtes    cuirs    dentelles    feux     lumières    eaux    objets     ficelles    cordes     lichens     ouates    coquillages    jouets  …



Supports

Les supports reçoivent les marques, empreintes, positionnements des matières. Les supports peuvent être associés combinés entre eux par superposition, ou juxtaposition, emboitement … (diptyque, triptyque, polyptyque, puzzle).  Ils peuvent être résistants, usés ou usables, plus ou moins éphémères dans le temps. Ils renvoient comme les matières à des réalisations en deux ou trois dimensions. Comme une matière qui peut être détournée en support, un support peut devenir une matière : Une plaque de marbre veiné devient la toile de fond d’une peinture -  Les papiers deviennent différentes pâtes à papier … Les supports sont parfois associés à certaines matières et outils. Ceci est à considérer mais également à reconsidérer. On peut dessiner sur de la pierre, graver de la peinture, peindre sur de la moquette ... Le ou les supports peuvent être mis en positionnement, autrement dit en exposition, de manière extrêmement variable ! (Traditionnellement à la hauteur du regard dans une pièce neutre et vide, bien éclairée).

 

Les pluriels de ces quelques exemples de supports ne sont pas à sous-estimer, les variétés d’un support peuvent être nombreuses et renvoyées à d’autres. 

A noter : les dimensions, les épaisseurs …

papiers     bois     plastiques     cartons     toiles     tissus     métaux     verres     terres     pierres     végétaux     cuirs      os     miroirs     boites     rideaux     portes      fenêtres     journaux     images     vêtements     pots     corps     cerfs-volants      livres     disques     ballons     murs    meubles      champs     forêts       jardins    rivières     arbres     plantes      objets     ardoises      écorces    …



Outils

Les outils permettent, selon leurs caractéristiques reconnues ou détournées, inventées, d’exprimer l’acte créatif, de le positionner, de l’inscrire. (durablement /…/ éphémère). Les outils sont à associer, à combiner entre eux. L’outil est le trait d’union entre la pensée, le sujet et le support, la matière. L’outil sera mis en action, en mouvement par la technique (le verbe). L’outil est lié au corps, il en est une prolongation. Le premier outil est le corps, avec pour symboles traditionnels : le cerveau et la main. Les outils synonymes de réalisations en trois dimensions (sculptures …) peuvent être détournés vers des réalisations en deux dimensions (dessin …), et inversement !


Les pluriels de ces quelques exemples d’outils ne sont pas à sous-estimer.


Doigts     ongles    mains    corps    plumes     bâtons    brindilles     balais      brosses pinceaux    spatules  chiffons    fibres    cordes    fourrures     règles     équerres    loupes   rouleau à pâtisserie       crayons      stylos       papiers de verre       râpes        limes chalumeaux      presses       couteaux        spatules       fourchettes      louches      tamis lampes    chaussures     feux     eaux     froids    sparadraps    gommes     ciseau(x) cutters        couteaux      agrafeuses     visseuses     marteaux     scies     charrues     grues   pelle    aiguilles    pioches     pinces    pinces à épiler    punaises    clous     ficelle     appareils  (appareils-photos, vidéos … etc)     machines  (machines-outils, à écrire … etc)

… 


Techniques

Les techniques sont la ou les différentes manières de procéder, d’agir, de faire. L’action. L’acte de création proprement concret. Action brève, action exécutée durant un certain temps, avec pause(s) et reprise(s).  L’action c’est le corps en mouvement – le geste, donc le verbe. Gestes à la fois animés par la conscience et l’inconscient. L’instinct, l’envie furtive de faire ceci, puis cela, comme ça, subitement, est souvent un bon guide lorsqu’on souhaite expérimenter. La notion de geste lent, rapide, … toute la gamme subtile de rythmes, de gestes, tel un danseur, permet également d’ouvrir l’horizon d’une technique. Dans notre esprit, les techniques sont souvent liées (par héritage culturel, social, moral) à un savoir-faire, un procédé. Techniques liées à une façon de faire, un support habituel, un outil, une matière. Par exemple : de l’encre de chine à la plume sur papier. Avec pour geste le tracer … Ces acquis culturels sont à reprendre, mais également à remettre en jeu librement, à combiner... Par exemple : une casserole servira d’outil. Grâce à elle, on versera l’encre de chine ou le café sur le papier froissé, puis la plume et l’encre traceront sur les méandres de la tache … 

Idéalement un procédé technique se transmet de visu. Il faut voir quelqu’un le faire … Mais l’expérimentation permet également, seul de découvrir d’inventer …

 

Les combinaisons des actions se feront naturellement en explorant par instinct.


Peindre   tracer   coller   délayer    empâter   couler   tacher   frotter   effleurer   griffer   sculpter   tailler    graver   marteler    joindre    déchirer    couper   découper   saisir    empoigner     mouler    modeler    polir    ramollir    croiser    hachurer    juxtaposer   exposer    clouer    piocher   projeter    tapoter    sillonner   retoucher   presser   appuyer   repasser   délaver   rincer     renverser   visser   chauffer   bruler   refroidir   étaler   froisser   labourer   morceler   gommer   trancher   piquer   repasser   poser   recouvrir   voiler   agresser   estamper   lacérer   imprimer    gratter   épingler   photo-sensibiliser   photographier    imbiber    tamponner   frapper    caressé    pincer    tâter   étendre    tordre   essorer   piétiner    trainer   lancer    balancer    déplacer    estomper   accentuer   agiter    encadrer   cerner   …


 

LE SECOND ACTE :  METTRE EN PRÉSENTATION, EN SITUATION, EX-POSER :

anticipé ou pas l’exposition, la mise en présentation, en situation est comme le second acte théâtral de l’ouvrage, de l’œuvre. Une seconde création avec, ou « par-dessus » la première !  L’encadrement c’est le cadre, la pièce, l’entourage, l’éclairage. Tout cela peut considérablement modifier le dessin la sculpture … Un second processus de création qui en quelque sorte nous emmène sur le territoire du scénographe, du metteur en scène, de l’architecte